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Comment se préparer à un entretien préalable au licenciement ?

Vous venez de recevoir une lettre vous convoquant à un entretien préalable au licenciement… Abasourdi, vous ne savez comment réagir, partagé entre colère et accablement. Mais sachez que tout n’est pas perdu : certes le licenciement est probable mais les législateurs ont instauré un entretien préalable afin de vous protéger. Ainsi, cet échange peut se révéler décisif pour la suite des événements : de bons arguments, une attitude conciliante, des propositions constructives pourraient peut-être retourner la situation en votre faveur…

La procédure légale
Tout employeur envisageant de rompre un CDI après la période d'essai est tenu de convoquer le salarié à un entretien préalable avant de prendre toute décision. Cet entretien doit permettre au salarié de soumettre ses arguments pour tenter d’éviter le licenciement. L’employeur ne doit pas arriver convaincu et doit se laisser un délai de réflexion d’un minimum de deux jours ouvrables à l’issue de l’entretien. Ainsi, s’il apparaissait que le licenciement était déjà décidé avant la tenue de l’entretien, la procédure serait considérée comme irrégulière. Lors de l’entretien, l’employeur est tenu d’indiquer ses motifs et d’écouter les explications du salarié.
Il ne peut refuser de communiquer au salarié un document lié aux reproches qui lui sont faits, ni de faire de nouvelles vérifications. Cette rencontre ne peut être remplacée par une conversation téléphonique, un échange de courriers ou un entretien informel. Elle doit être menée par l’employeur ou par un représentant, il peut se faire seconder par un autre salarié mais cette assistance doit se limiter à une seule personne.

La vocation de l’entretien préalable Cette mesure protectrice a été créée en faveur du salarié : l’objectif est d’instaurer un dialogue pour trouver une solution alternative au licenciement. Certes la réalité peut se révéler plus ardue que ne le laissent paraître les textes, le salarié étant dans une situation particulièrement pénible, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une opportunité à saisir… « Nous conseillons au salarié de se rendre à l’entretien préalable, même s’il s’agit d’un moment difficile, souligne Marie-Christine Agal, avocate en droit du travail au sein du cabinet Lamy Lexel. Cette procédure permet de mieux comprendre les motifs du licenciement et de ne pas partir sur un non-dit. Il arrive parfois que cet échange  convainque l’employeur de garder le salarié. Celui-ci peut, par exemple, choisir une sanction moins lourde s’il s’agit d’un licenciement pour faute… »

La préparation
Un délai de 5 jours ouvrables doit être respecté entre la convocation et la tenue de l’entretien. Vous pouvez ainsi réfléchir aux motifs probables du licenciement, préciser vos objectifs et préparer vos arguments avec soin.
Il est recommandé de prendre un conseiller pour vous assister : « Un conseiller facilitera la prise de recul, explique Marie-Christine Agal. Il pourra aider le salarié à préparer l’entretien et à avancer des arguments. Dans tous les cas, il sera un témoin précieux pour garantir le respect de la procédure. » Autre préparation à ne pas négliger : bien prendre connaissance de vos droits. Vous devez être à même de remarquer tout vice de procédure pour le tourner en votre faveur le cas échéant.

La rencontre
Au cours de l’entretien, commencez par interroger votre employeur sur ses raisons : bien souvent, les causes sont multiples, veillez donc à bien faire  le tour de la question. Demandez également si des solutions alternatives ont été envisagées et comment vous seriez remplacé.
Marie-Christine Agal précise : « nous conseillons aux salariés de bien écouter leurs employeurs, de préparer à l’avance les questions qu’ils souhaitent poser et de prendre des notes lors de l’entretien » Puis avancez à votre tour vos arguments. Dans le cas d’un licenciement pour faute, si vous contestez les griefs qui vous sont reprochés, trouvez des preuves concrètes pour renforcer vos allégations. Si vous reconnaissez votre faute, il faut, bien sûr, être prêt à faire des concessions : proposez vous-même des sanctions alternatives et garantissez qu’il n’y aura pas de deuxième fois.

N’oubliez pas qu’un licenciement peut coûter cher à l’employeur : désorganisation de l’équipe, futur recrutement à prévoir, indemnités éventuelles,... Un point à tourner en votre faveur.
Dans tous les cas, gardez votre sang froid. Adoptez une attitude calme et conciliante, tout en restant toujours vigilant pour bien faire respecter vos droits. © keljob.com

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