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Le team building : kesako ?

Voilà une expression qui suggère une énième mode dans l’univers des techniques de management... De l’atelier djembé au trekking dans le désert en passant par le saut à l’élastique, que peut vraiment vous apporter le team building ?

Les raisons d'un boom

Est-ce à cause d’un contexte économique difficile, et de l’instabilité professionnelle qu’il implique, qu’on parle autant de team building aujourd’hui ? A-t-on besoin, plus qu’avant, de « fédérer », « nourrir la cohésion », « renforcer l’adhésion », de ses collaborateurs ? Et doit-on forcément embarquer tout le monde dans une course d’orientation ou une après-midi paint-ball pour ce faire ? « Il s’agit de leur sortir la tête du guidon, de les mettre dans un contexte inhabituel le temps d’une activité amusante », explique Henri Tremellat, directeur de HTO-Formaction et créateur de stages sur-mesure. Depuis 1986, époque où l’on ne parlait pas de team building mais de « stage de motivation », il organise des séjours en tous genres, notamment à l’étranger. Bivouac dans les dunes du Maroc, balades insolites en Pologne, sessions sportives ou dégustations de vins… Quelle que soit la formule, l’objectif principal du projet est toujours le même : une adhésion plus forte aux valeurs de l’entreprise. 

Un sentiment d’appartenance renforcé

« On ne fera pas de miracle », prévient Henri Tremellat. Si quelque chose ne tourne pas rond dans l’entreprise, offrir à ses salariés une activité « coup d’éclat » n’arrangera pas les choses. Si le leader est contesté ou s’il existe des groupes informels au sein de l’équipe, ces structures affectives se verront renforcées par le team building. En revanche, dans un contexte à la base solide, il est possible de mieux souder les salariés. C’est au cours d’un raid en 4X4 dans le désert que ces deux employés se sont parlé pour la première fois, que ces deux autres ont approfondi leurs relations, qu’on a vu son manager pleurer de rire autour du feu de camp… « Nous sommes tous des êtres multiples et c’est souvent face à l’imprévu qu’on révèle ses autres facettes », analyse Henri. C’est pourquoi l’organisateur n’hésite pas à ajouter un peu de piment pour relever la sauce : parfois on se perd en plein désert, on a juste assez d’eau, on doit parcourir le double des kilomètres prévus…

Quand on partage autant d’émotions, des liens se créent. L’implication personnelle dans son travail et la confiance que l’on accorde aux autres se voient améliorées. « Les gens se désinhibent, ils oublient la hiérarchie : face à eux, leur chef en survêtement transpire autant qu’eux ! De retour au bureau, les relations ont changé, la communication est meilleure », assure Henri Tremellat. Bref, rien de tel pour remotiver les troupes tout en finesse, c’est-à-dire sans imposer une énième réunion prise de tête. Sans perdre de vue que l’organisation régulière d’activités plus simples, comme un pot dans un bar sympa, peut s’avérer tout aussi fédératrice.

Priscilla Franken © keljob.com – Avril 2008