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Faut-il passer cadre ?

L’envie d’évoluer commence à vous titiller ? Votre patron vous propose justement de passer cadre. Plus de responsabilités, salaire à la hausse, mais en contrepartie beaucoup d’heures sup’ à la clé. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Vraie promotion ou cadeau empoisonné ?

> Statut cadre : le flou artistique

Devenir cadre, qu’est-ce que ça signifie exactement ?  Si l’on se fie à la définition de l’Insee, un cadre aurait – entre autres – « des responsabilités importantes dans la gestion des entreprises »... A l’image de cette définition, le statut de cadre reste flou. Loin d’être uniformes, les fonctions d’un cadre divergent selon les entreprises, les services, les métiers. En bref, vous êtes cadre dès lors que c’est écrit sur votre contrat, un point c’est tout. 

Petite précision cependant, la seconde loi sur les 35 heures distingue trois catégories de cadres, en fonction du temps de travail et des responsabilités :

   * Les cadres dirigeants : ils cumulent les plus hautes responsabilités, une large autonomie dans leurs prises de décision et leur planning, sans oublier un niveau de salaire très élevé. Il s'agit souvent des directeurs siégeant au comité de direction ou des cadres prenant des décisions stratégiques pour l'entreprise.

    * Les cadres à la tête d’une unité de travail
: responsables d’une équipe, ils doivent gérer du personnel et rendre des comptes à leur direction. Ce sont les chefs de service, chefs de chantier, responsables d'agence...

  * Les cadres non managers
: eh oui, cadre ne signifie pas forcément encadrer.  C'est d’ailleurs la majorité d'entre eux. Dans ce cas, le statut de cadre correspond à l’ancienneté dans l’entreprise ou encore au niveau élevé de formation, ainsi tout ingénieur est cadre. 


> Ce qui pourrait vous décider

Vos collègues vous félicitent, votre mère est fière de vous… devenir cadre, c’est avant tout une promotion hiérarchique. « C’est un premier pas vers de plus hautes marches, le début d’une évolution de carrière », explique Alain Lecanu, secrétaire national à l’emploi à la CFE-CGC, « sans oublier que le taux de chômage est moins important chez les cadres que chez les non-cadres ».
Premier intérêt : le salaire. Qui dit cadre dit, en général, salaire plus élevé. D’autres avantages peuvent être réservés aux plus chanceux : téléphone offert par l'entreprise, voiture de fonction, stock-options,... Mais devenir cadre peut surtout vous permettre de couler des jours heureux une fois à la retraite. Les prélèvements de la caisse de retraite des cadres (AGIRC) sont certes plus importants mais ils seront largement rentabilisés par le montant de la pension. Et puis, si ça se passe mal, vos indemnités de licenciement seront plus élevées !

> Ce qui pourrait vous faire hésiter

Si devenir cadre doit vous rendre accro au Prozac ou rimer avec angoisses et heures sup’ en série, mieux vaut y réfléchir à deux fois. Selon Alain Lecanu, « certains salariés refusent de passer cadre en raison de l’évolution de salaire qui n’est pas à la hauteur de la charge de travail et du stress liés à l’encadrement ». 
La question la plus épineuse est, en effet, celle des heures supplémentaires. Si les horaires de travail sont plus "libres", le revers de la médaille, c’est qu’ils sont aussi plus importants. Mais là encore tout dépend de la catégorie de cadres à laquelle vous appartenez et de votre entreprise. « Il existe plus de 250 branches de cadres et autant de conventions collectives », souligne Alain Lecanu, « les cadres dirigeants, eux, ne sont même pas soumis aux conventions collectives ». Pour les autres, ce sera horaires de travail collectif, référence aux classifications des conventions collectives ou forfait jour sur la base d'objectifs de travail déterminés. Et là attention : selon la Directive européenne du temps de travail, rien n'interdit à un employeur de faire travailler un salarié en forfait jour jusqu'à 71,5h par semaine… alors un conseil : lisez bien votre contrat !

En tant que cadre, vous serez également en première ligne pour assumer vos erreurs, bien sûr, mais aussi celles de votre équipe, mieux vaut le savoir dès le départ. En informant les salariés des décisions de la direction ou faisant remonter leurs préoccupations, vous jouerez un rôle de médiateur pas toujours évident à assumer.
Et vous ?  Ferez-vous  partie des 745 000 nouveaux cadres prévus d’ici 2015 ?

Magali Morel© Keljob.com – Février 2008

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