Dis-moi ton âge, je te dirai comment tu travailles…
Les employeurs le savent : les générations se suivent mais ne se ressemblent pas. Avec l’arrivée des jeunes « Y » sur le marché du travail, les antagonismes entre ces papillonneurs technophiles et leurs aînés utopistes ne manquent pas. Nombre de formations voient ainsi le jour pour décrypter l’intransigeance des « baby boomers », le cynisme des « X » ou la versatilité des « Y ». Certes les différences de générations n’expliquent pas toutes les dissensions en entreprise ; pour autant, les recruteurs et managers s’y fient souvent pour comprendre les antagonismes du terrain. Mieux vaut donc savoir vous situer dans le grand melting-pot générationnel pour mieux comprendre les affinités et querelles de couloir.
Nés entre 1925 et 1945 : les vétérans
Cette génération, aussi appelée Silencieuse, a grandi dans un décor de guerre et de privations. Leurs parents leur ont inculqué le sens du devoir et la valeur du sacrifice. Fidélité, respect des normes, foi dans le travail et la réussite professionnelle… les Vétérans ont souvent consacré leur vie à une même entreprise. Ils pensent que tout vient à point à qui sait attendre : leur carrière est linéaire, bâtie dans le respect de la supériorité hiérarchique de leurs aînés. Ils sont particulièrement sensibles aux récompenses officielles et symboliques.
Nés entre 1945 et 1965 : les baby boomers
S’ils ont secoué les traditions de leurs parents, les baby boomers n’en sont pas moins restés fidèles à la valeur travail. Mais, contrairement aux Vétérans, les Boomers sont en quête de sens, ils ne travaillent pas pour la satisfaction du travail accompli mais pour leur accomplissement personnel. Motivés par le projet communautaire de l’entreprise, ils ont parfois sacrifié leur vie de famille à leur carrière. Ils souhaitent laisser leur marque et aiment réorganiser, remodeler, redéfinir. Optimistes, hédonistes et utopistes, les baby boomers ont fait leurs débuts dans un monde sans chômage, un monde où tout était possible, où le meilleur était à venir. Leur motivation n’en sera que meilleure s’ils ont une mission à remplir, des grands principes à suivre et un objectif final en ligne de mire.
Nés entre 1965 et 1980 : les X
Un vrai fossé s’est creusé entre les X et les baby boomers : la génération X a débarqué sur un marché du travail en plein marasme. Chômage longue durée, plans de licenciements, catastrophes écologiques… les temps sont moins roses. Les désillusions aidant, les X sont d’un naturel individualiste, cynique et pragmatique. La technologie est entrée dans les mœurs, créant de nouveaux espaces de liberté et de créativité que les trentenaires ont su apprivoiser. Traumatisés par la menace du chômage, ils recherchent la sécurité de l’emploi et la progression de leur rémunération, une tendance à l’opportunisme diraient leurs aînés…
Nés après 1980 : les Y
Voici les fameux Y, ceux qui donnent tant de fil à retordre aux managers et recruteurs… Enfants de l’Internet et du virtuel, ils vivent à toute vitesse et maîtrisent avec une facilité déroutante les méandres technologiques. Impatients et critiques, ces jeunes recrues sont sûres d’elles et refusent toute lourdeur hiérarchique. Car les Y sont les fruits de leur époque : le web a balayé les frontières, vive le multiculturalisme, le voyage et le travail en équipe ! La fidélité à l’employeur n’est qu’un vague souvenir, les Y papillonnent d’entreprise en entreprise à la découverte de nouvelles expériences.
Contrairement aux X, les Y sont moins motivés par la rémunération que par la qualité de vie et l’intérêt de leur mission. Ils ne suivront pas l’exemple de leurs parents baby boomers et ne sacrifieront pas leur famille à leur travail. Cette nouvelle génération est également la plus diplômée du marché du travail. Elle souhaite être formée régulièrement, avoir des retours fréquents sur son travail et considère ses supérieurs comme des mentors en charge de leur apprentissage.
Laure Marcus © Keljob.com

