![]() |
Faut-il faire confiance à tous les chasseurs de têtes ?
« Je vous offre le poste en or, l’opportunité de votre vie, l’entreprise dont vous avez toujours rêvé… » Lorsqu’un chasseur de têtes vous contacte, c’est plutôt bon signe : votre CV intéresse, des employeurs sont prêts à payer cher pour vous chasser. Entre méfiance et enthousiasme, votre cœur balance. Braconnier de CV ou chasseur d’élites ? Mieux vaut faire la distinction avant de leur confier votre carrière.
Il y a le bon et le mauvais chasseur…
« Vous n’êtes pas un CV sur pattes ! » Joëlle Dujour, présidente du cabinet de recrutement Alpha CDI, le reconnaît : tous les chasseurs ne se valent pas. Il y a les mauvais chasseurs, ceux qui cherchent une proie à tout prix et qui se préoccupent peu du long terme. Pour eux, l’essentiel est de remplir une case. Ils ne prennent pas le temps de vous recevoir, vous vendent le poste au téléphone, se contentent de réciter en boucle les termes de l’annonce et s’empressent de récupérer votre CV. Ce sont des trappeurs purs et durs ! On les reconnaît à leurs méthodes expéditives, au peu de temps qu’ils vous consacrent, à leur connaissance approximative de l’entreprise.
Si vous pensez reconnaître un mauvais chasseur, méfiez-vous. Ne fuyez pas pour autant mais faites preuve de circonspection, posez de multiples questions et gardez toujours la tête froide.
Le bon chasseur, quant à lui, est un conseiller plus qu’un commercial. Expert du recrutement, il a pour mission de trouver le bon candidat : celui qui saura s’épanouir dans son poste. Avec lui, l’approche est beaucoup plus soignée, moins expéditive. Il ne cherche pas un CV à caser à tout prix. C’est que beaucoup de ces chasseurs s’engagent sur la durée : ils ne reçoivent la totalité de leur prime que si le candidat est toujours en poste à la fin de sa période d’essai. Pour le bon chasseur, le recrutement est une relation gagnant-gagnant, un client heureux lui confiera de nouveaux contrats et un candidat heureux deviendra son prescripteur. Un bon chasseur ne chasse pas seulement des compétences, il rapproche un homme d’une entreprise.
Dans la tête du chasseur
Pour un chasseur de têtes, tout commence avec une demande client : une entreprise a besoin de combler un poste, à lui de trouver la perle rare. Après avoir analysé les besoins (contexte, missions, équipe, objectifs, culture de l’entreprise…), il définit le profil souhaité et rédige les termes de l’offre, quitte à alerter son client s’il estime que celui-ci ne vise pas juste.
Ensuite, la phase du repérage peut commencer. C’est là tout l’art du chasseur, chacun a ses ficelles pour entretenir son réseau et flairer les bonnes pistes. La prise de contact se fait généralement par téléphone, il s’assure alors que le candidat est intéressé. Une entrevue est fixée au cours de laquelle le chasseur vérifiera les compétences du candidat et tentera de déceler sa personnalité pour apprécier son potentiel au sein de la future équipe.
A la suite de l’entretien, le chasseur présente à son client une « short list » de finalistes qu’il lui propose de rencontrer. Le chasseur doit accompagner le client et le candidat dans leur choix. Il les conseille lors de la négociation du contrat, puis pendant les premiers mois de collaboration.
3 pistes pour faire du chasseur son allié
1- Répondre
En envoyant balader un chasseur de têtes, vous grillez vos chances de rebondir le jour où vous en aurez besoin. Bien gérer sa carrière, c’est rester à l’écoute, savoir ce qui se passe ailleurs, avoir des contacts.
2- Nouer une relation
Même si vous n’avez aucune intention de quitter votre entreprise, prenez le temps de rencontrer le chasseur de têtes. Vous pourrez ainsi nouer une relation à long terme, un précieux atout pour vous mettre au parfum des opportunités. « Beaucoup de nos candidats rappellent spontanément pour nous tenir au courant, témoigne Joëlle Dujour, présidente d’Alpha CDI, une confiance s’établit et nous ciblons mieux le type de poste susceptible de les intéresser. »
3- Etre conseillé
Les chasseurs de têtes quittent souvent leur casquette de chasseur pour celle de conseiller. Profitez de leur expertise pour être guidé dans votre carrière. Ne les laissez pas faire de choix pour vous, mais profitez de leurs conseils pour vous projeter dans le futur et y voir plus clair dans vos choix.
Laure Marcus © keljob.com – Février 2008


